Archive pour mars 2012

Le siècle identitaire de Ferhat Mehenni

Samedi 10 mars 2012

 

En librairie le 18 novembre 2010

la fin des États post-coloniaux

Cinquante ans après la décolonisation, les anciens pays colonisés sont toujours dans l’ornière. À de rares exceptions près, ils n’ont su tirer profit de leur indépendance ni sur le plan économique, ni sur le plan politique. Ce ne sont pas les compétences de leurs dirigeants qui sont en cause, mais la nature même de ces États. Coloniaux ils sont nés, coloniaux ils demeureront jusqu’à leur extinction.

Le siècle identitaire de Ferhat Mehenni siecle-identitaire1-184x300

Et nulle part cette tare originelle n’est aussi visible que ans le rapport qu’il entretiennent avec les peuples qu’ils abritent, devenus dans l’imaginaire colonial des “minorités ethniques” dont aujourd’hui encore l’existence est bafouée. Jusqu’au génocide parfois.

Il est urgent de passer à autre chose. Non pas en exportant, de force, la démocratie, comme ont voulu le faire les Américains en Irak, mais en admettant dans le concert des nations les peuples qui aujourd’hui luttent pour leur indépendance. Les pays issus de la colonisation ont déjà commencé à se disloquer. Ils vont donner naissance à d’autres pays, plus nombreux. On peut s’effrayer de cet émiettement qui, pour les tenants du statu quo géopolitique, va engendrer l’anarchie et le chaos. Pas de panique ! Si un peuple éprouve le besoin de son indépendance, au nom de quoi va-t-on l’en empêcher ?

Ferhat Mehenni :

Ferhat Mehenni est né en 1951.
ferhat-218x300 Fondateur du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, il en a été élu le président jusqu’au 31 mai 2010, avant d’assurer les fonctions de président du Gouvernement provisoire kabyle.

Fils d’un combattant de la guerre d’Algérie, Ferhat Mehenni entre à l’école primaire en janvier 1963 au centre de Chateauneuf, à Alger, qu’il quitte en 1965, pour celui de Larbaâ Nath Irathen où il reste jusqu’en 1969. Candidat libre au bac en 1971, il entre à l’Institut des sciences politiques de l’université d’Alger et découvre les différents courants idéologiques, berbéristes notamment, qui agitent la capitale. C’est de cette époque (octobre-novembre 1972) que date sa première rencontre avec celui qui deviendra son ami et compagnon de lutte, Saïd Saadi. Ensemble, ils participent à la publication d’une revue intitulée d’abord Taftilt « lumière » puis Itri « étoile », dans laquelle sont formulées des revendications culturelles et linguistiques.

En avril 1973, il participe au festival de la chanson algérienne, où il figure parmi les présélectionnés. Son groupe, inscrit sous le nom de Imazighen en provenance d’Illula Oumalou, deviendra par une faute de frappe Imazighen Imula. Avec d’autres chanteurs, Idir notamment, il contribue à la rénovation de la musique traditionnelle et pose la question de l’identité. Son répertoire est jugé subversif dans une Algérie muselée par le président Boumédiène. Il chante entre autres le déserteur de Boris Vian, l’Internationale en Kabyle. D’avril à juin 1976, il prend une part active aux débats houleux ayant précédé le référendum sur la Charte nationale en proclamant sa berbérité dans tous les meetings. Alors commencent ses démêlés avec la Sécurité militaire. Le 30 novembre, il est cueilli au saut du lit à la cité universitaire de Kouba, puis est relâché après une garde à vue de 24 heures.

En avril 1980, il est l’un des artisans du printemps berbère de Tizi Ouzou. Arrêté le 16 [2], il reprend ses activités d’animateur culturel avec Kateb Yacine dès qu’il retrouve sa liberté un mois plus tard, le 14 mai. Membre du Comité des enfants de chouhada, il est l’objet d’intimidations et de surveillance rapprochée. Son passeport lui est confisqué.

Le 30 juin 1985, il est parmi les fondateurs de la Ligue algérienne des droits de l’homme et membre de son comité directeur. Il est arrêté le 17 juillet chez lui à Azazga pour son appartenance à la ligue et pour avoir célébré en dehors des cortèges officiels l’anniversaire de l’indépendance. Incarcéré à la prison de Berrouaghia, il est jugé le 20 décembre 1985 et condamné à trois ans de prison plus une amende de 5 000 dinars. Après 21 mois d’emprisonnement, il est libéré le 27 avril 1987 par grâce présidentielle.

Le Mouvement culturel berbère[modifier]

En 1995, il renoue avec la politique à travers la création du MCB coordination nationale durant le boycott scolaire en Kabylie, en mars 1995, le clan présidentiel contacte Ferhat Mehenni, suite à l’enlèvement de Lounès Matoub, afin de négocier la reprise des cours : « Le général Betchine tenait à mettre fin au boycottage afin de s’assurer de la participation de la Kabylie aux élections présidentielle de 1995 ». En échange de concessions symboliques (création d’un Haut Conseil à l’amazighité chargé de « réhabiliter la culture berbère » et d’introduire la langue berbère dans les médias et l’enseignement », le régime obtient de Ferhat Mehenni qu’il appelle la Kabylie à mettre fin à la « grève des cartables ». Après avoir tenté, sans succès, de convaincre les animateurs du MCB-commissions nationales (tendance du Mouvement culturel berbère proche du FFS de Hocine Aït-Ahmed) de le suivre dans sa démarche, Mehenni annonce au journal télévisé qu’il vient de signer un accord avec le gouvernement et appelle les élèves de Kabylie à reprendre les cours. Mais la population, dont la revendication principale reste que le tamazight (langue berbère) soit reconnu comme une langue nationale et officielle, refuse l’accord passé entre le régime et Mehenni et accuse ce dernier de trahison.[réf. souhaitée]

Au mois de mai 1997, il démissionne du RCD pour cause de trahison envers les berbères, dit-il, explicitant : « Said Saadi a bien trahi la berbérité et la démocratie. II forme des gens contre les démocrates en général et le FFS en particulier ». En 1998, il sort un CD chez Izli intitulé : « Chants du feu et de l’eau ». Et depuis l’assassinat de Matoub Lounès, il a choisi d’être hors du jeu partisan même s’il continue de s’exprimer sur les grands problèmes de la société. Après son exil volontaire en France, il revient en janvier 1999 pour « redynamiser la mouvance culturelle berbère » et monnayer – sans succès – son implication dans la campagne électorale contre des garanties d’institutionnalisation de Tamazight[réf. souhaitée]

Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie[modifier]

En 2001, suite aux violentes émeutes qui ont éclaté en Kabylie avril 2001 et avril 2002 (Printemps noir), il prôna comme solution à la sortie de crise dans laquelle se débat depuis l’indépendance de l’Algérie, l’autonomie régionale. À cet effet, il a fondé le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) au terme d’une réunion dans la commune de Makouda en Kabylie le 24 août 2001 [4]. L’assassinat de son fils aîné Ameziane, le 19 juin 2004 à Paris, qui n’a toujours pas été élucidé est selon lui très probablement lié à son engagement autonomiste[5].

Son intervention musclée lors du colloque Afidora à l’Assemblée nationale française, particulièrement médiatisée, a eu un important retentissement en Algérie. Il décrit les kabyles comme étant les « nouveaux juifs » et explique qu’il soutient l’intervention américaine en Irak par « solidarité avec les Kurdes »[6].

Dans un communiqué publié le 16 mars 2009, Ferhat Mehenni, annonce qu’il est la cible d’un mandat d’amener. Cette décision est prise par un juge d’instruction quand celui-ci demande aux forces de l’ordre de lui présenter une personne mise en examen, y compris par la force. Ferhat Mehenni cite un article d’Algérie News du 16 mars. D’après ses dires, la justice aurait été saisie par les autorités locales à Tubirett (Bouira, une ville au sud-ouest de la Kabylie) au sujet d’une marche étudiante du 20 avril 2008 attribuée au MAK[7]. L’information n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucun démenti de la part du ministère de la justice algérienne.

c38-ferhat-mehenni-imazighen-imoula

« Je me demande pourquoi ce n’est que près d’un an plus tard que cette instance judiciaire entreprend cette action contre moi, juste à la veille des élections présidentielles qui, au demeurant, ne passionnent personne au pays des Kabyles ? » s’interroge le leader autonomiste. En Kabylie, la totalité des organisations politiques appellent au boycott des présidentielles du 9 avril. Pour la première fois, les partis reconnus (FFS et RCD), les Aarchs (mouvement né durant les émeutes de 2001) et le MAK rejettent tous l’élection, même s’ils n’ont pas mis en place de stratégie commune. Le 20 février 2009, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie avait déjà fait mention d’intimidations contre trois de ses cadres.

Mouloud Mammeri  » le grand écrivain »

Samedi 10 mars 2012

Mouloud Mammeri (Mulud At Mɛammar en Tamazight), né le 28 décembre 1917 dans le village de Taourirt-Mimoun dans la commune actuelle de Beni Yenni en Kabylie et décédé le 26 février 1989, est un écrivain, poète, anthropologue et linguiste algérien.

Mouloud Mammeri

Mouloud Mammeri fait ses études primaires dans son village natal. En 1928, il part chez son oncle à Rabat (Maroc), où ce dernier est alors le précepteur de Mohammed V. Quatre ans après il revient à Alger et poursuit ses études au Lycée Bugeaud (actuel Lycée Emir Abdelkader, à Bab-El-Oued, Alger). Il part ensuite au Lycée Louis-le-Grand à Paris ayant l’intention de rentrer à l’École normale supérieure. Mobilisé en 1939 et libéré en octobre 1940, Mouloud Mammeri s’inscrit à la Faculté des Lettres d’Alger. Remobilisé en 1942 après le débarquement américain, il participe aux campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne.

À la fin de la guerre, il prépare à Paris un concours de professorat de Lettres et rentre en Algérie en septembre 1947. Il enseigne à Médéa, puis à Ben Aknoun et publie son premier roman, La Colline oubliée en 1952. Sous la pression des événements, il doit quitter Alger en 1957.

220px-Kaddour_M%27Hamsadji_%C3%A0_l%27Union_des_Ecrivains_Alg%C3%A9riens

magnify-clip

L’Union des écrivains algériens en 1965. De gauche à droite : Kaddour M’Hamsadji, Mourad Bourboune, Mouloud Mammeri (président), Jean Sénac (secrétaire).

De 1957 à 1962, Mouloud Mammeri reste au Maroc et rejoint l’Algérie au lendemain de son indépendance. De 1968 à 1972 il enseigne le berbère à l’université dans le cadre de la section d’ethnologie, la chaire de berbère ayant été supprimée en 1962. Il n’assure des cours dans cette langue qu’au gré des autorisations, animant bénévolement des cours jusqu’en 1973 tandis que certaines matières telles l’ethnologie et l’anthropologie jugées sciences coloniales doivent disparaître des enseignements universitaires. De 1969 à 1980, il dirige le Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques d’Alger (CRAPE). Il a également un passage éphémère à la tête de la première union nationale des écrivains algériens qu’il abandonne pour discordance de vue sur le rôle de l’écrivain dans la société.

mameri-mouloud

Mouloud Mammeri recueille et publie en 1969, les textes du poète algérien Si Mohand. En 1980, c’est l’interdiction d’une de ses conférences à Tizi-Ouzou sur la poésie kabyle ancienne qui est à l’origine des événements du Printemps berbère.

En 1982, il fonde à Paris le Centre d’Études et de Recherches Amazighes (CERAM) et la revue Awal (La parole), animant également un séminaire sur la langue et la littérature amazighes sous forme de conférences complémentaires au sein de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ce long itinéraire scientifique lui a permis de rassembler une somme d’éléments fondamentaux sur la langue et la littérature amazighes. En 1988, Mouloud Mammeri reçoit le titre de docteur honoris causa à la Sorbonne.

Mouloud Mammeri meurt le soir du 26 février 1989 des suites d’un accident de voiture, qui eut lieu près de Aïn-Defla à son retour d’un colloque d’Oujda (Maroc) sur l’Amazighité. Certains disent que c’etait pas un simple accident mais qu’il a été assassiné par le pouvoir algerien pour l’empécher de continuer son combat pour son identité Amazigh.

Le 27 février, sa dépouille est ramené à son domicile, rue Sfindja (ex Laperlier) à Alger. Mouloud Mammeri est inhumé, le lendemain, à Taourirt Mimoun. Ses funérailles furent spectaculaires : plus de 200 000 personnes assistèrent à son enterrement. Aucun officiel n’assista à la cérémonie alors qu’une foule compacte scandait des slogans contre le pouvoir en place.

Romans :

livre-de-mouloud-mameri-189x300

Nouvelles :

  • « Ameur des arcades et l’ordre », Paris, 1953, Plon, « La table ronde », n°72.
  • « Le Zèbre », Preuves, Paris, N° 76, Juin 1957, PP. 33-67.
  • « La Meute », Europe, Paris, N°567-568, Juillet-Août 1976.
  • « L’Hibiscus », Montréal, 1985, Dérives N°49, PP. 67-80.
  • « Le Désert Atavique », Paris, 1981, quotidien Le Monde du 16 août 1981.
  • « Ténéré Atavique », Paris, 1983, Revue Autrement N°05.
  • « Escales », Alger, 1985, Révolution africaine; Paris, 1992, La Découverte (ISBN 270712043X).

Théâtre :

  • « Le Foehn ou la preuve par neuf », Paris, PubliSud, 1982, 2nde édition, Paris, pièce jouée à Alger en 1967.
  • « Le Banquet », précédé d’un dossier, la mort absurde des aztèques, Paris, Librairie académique Perrin, 1973.
  • « La Cité du soleil », sortie en trois tableaux, Alger, 1987, Laphomic, M. Mammeri : Entretien avec Tahar Djaout, pp. 62-94.

Traduction et critique littéraire :

Grammaire et linguistique :

  • « Tajerrumt n tmazigt (tantala taqbaylit) », Paris, Maspero, 1976.
  • « Précis de grammaire berbère », Paris, Awal, 1988 (ISBN 001443038).
  • « Lexique français-touareg », en collaboration avec J.M. Cortade, Paris, Arts et métiers graphiques, 1967.
  • « Amawal Tamazigt-Français et Français-Tamazigt », Imedyazen, Paris, 1980.
  • « Awal », cahiers d’études berbères, sous la direction de M. Mammeri, 1985-1989, Paris, Awal

8 Mars hommage a Taos Amrouche

Samedi 10 mars 2012

8 Mars hommage a Taos Amrouche e0f-marguerite-taos-amrouche-1Marie Louise Taos Amrouche est une artiste algérienne, écrivain d’expression française et interprète de chants traditionnels berbères. Elle est née le 4 mars 1913 à Ighil Ali en Petite Kabylie (Algérie)[1], et morte le 2 avril 1976 à Saint-Michel-l’Observatoire en France. Taos, fille de Fadhma Aït Mansour Amrouche et sœur de Jean Amrouche, est la romancière algérienne moderne. Son premier roman, Jacinthe noire, est publié en 1947. Son œuvre littéraire, au style très vif, est largement inspirée de la culture orale dont elle est imprégnée, et de son expérience de femme. En signe de reconnaissance envers sa mère, qui lui a légué tant de chansons, contes et éléments du patrimoine oral, elle signe Marguerite-Taos le recueil Le Grain magique, en joignant à son prénom sous lequel sa mère avait reçu le baptême catholique. Parallèlement à sa carrière littéraire, elle interprète de très nombreux chants amazigh, qu’elle tient de sa mère. MarguariteTaosamroucheCes textes sont par ailleurs traduits par son frère Jean. Douée d’une voix exceptionnelle, elle se produit sur de nombreuses scènes, comme au Festival des Arts Nègres de Dakar en 1966. Seule l’Algérie lui refuse les honneurs : elle n’est pas invitée au Festival culturel panafricain d’Alger en 1969. Elle s’y rend tout de même pour chanter devant les étudiants d’Alger. Taos Amrouche a participé à la fondation de l’Académie berbère de Paris en 1966. Elle fut l’épouse du peintre francais André Bourdil, Prix Abd-el-Tif 1942.

Atteinte à l’environnement : 173 pollueurs devant la justice

Vendredi 9 mars 2012

 

Les entreprises étatiques et privées, activant dans les secteurs des travaux publics sont les principaux pollueurs.

Pour non-respect de l’environnement et rejet de déchets dans des sites forestiers, 48 camions ont été mis en fourrière, en 2011, pour une durée de trois mois. Selon des sources de la conservation des forets de la wilaya d’Oran pas moins de 173 dossiers ont été transférés à la justice pour atteinte au massif forestier. Ainsi notre source a dévoilé que les entreprises étatiques et privées, activant dans les secteurs des travaux publics sont les principaux pollueurs. Il s’agit aussi des sociétés et des entreprises de production ou de services, qui ont procédé au rejet et à l’incinération de leurs déchets sans suivre les normes requises en la matière. Toutes sortes de déchets sont jetées dans la nature, à commencer par les matériaux de construction, le plastique, ainsi que d’autres produits toxiques, a tenu à souligner notre source.Atteinte à l’environnement : 173 pollueurs devant la justice photo-environnement-sale2-300x224

Par ailleurs, lors des opérations de contrôle menées par la direction de l’environnement, et cela en collaboration avec la conservation des forêts, il a été enregistré prés de 250 infractions et d’atteinte à l’environnement. Les articles 55, 56 et 57 de la loi relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets prévoient des amendes entre 500 et 5.000 DA en cas de rejet et abandon par une personne physique des déchets ménagers, ou de refus d’utiliser le système de tri mis en place.

En revanche, une amende de 10.000 à 50.000 DA est prévue pour les industriels, commerçants ou artisans. Le rejet des déchets inertes sur tout site non désigné à cet effet, notamment sur la voie publique, est aussi sanctionné par une amende de 10.000 à 50.000 DA. En cas de récidive, l’amende est portée au double. Pour cela, il est attendu des citoyens de la wilaya des comportements de civisme dans la conservation du patrimoine forestier, avec la suspension de rejet des déchets ménagers et la protection des forêts contre les incendies.

Cherifa K.

journal El-watan