Manque d’eau

manque d’eau dans les villages de Kabylie

● L’eau qui coule des hauteurs du grand Djurdjura ne bénéficie pas à tous les habitants de la Kabylie ● Des villages ont, en effet, été privés d’eau durant plusieurs semaines ● L’ADE reconnaît que la défectuosité des conduites d’adduction et les branchements illicites sont les causes principales de cette pénurie.

Aftis, dans la plaine des Ouadhias, une localité accrochée au flanc du mont Kouriet, à 35 km au sud de la wilaya de Tizi Ouzou, les journées caniculaires de ce mois d’août n’ont pas eu, tout à fait, raison de la flore qui garde encore de sa verdure. « C’est grâce à la neige et à la pluie des deux dernières saisons hivernales qui ont ravivé les nappes phréatiques », répond un vieux fellah.
Mais cette eau qui coule des hauteurs du grand Djurdjura semble ne pas bénéficier aux habitants de ce petit village des Iwadhiyen, qui affirment avoir constamment soif. « Nous avons de l’eau une fois par semaine et pendant une à deux heures seulement. Ce système de rationnement est pratiqué durant toute l’année, depuis longtemps », déclare le propriétaire d’un magasin de fortune à Aftis. Assis sous l’ombre d’un olivier, trois jeunes, habitant les villages d’Ighil Igoulminène et Boukilal, affirment, à leur tour, que les robinets sont à sec depuis plusieurs semaines. Selon eux, la défectuosité du réseau d’alimentation en eau potable (AEP) et les branchements anarchiques en sont la principale cause. A travers toute la localité des Ouadhias, où des centaines d’hectares de terres agricoles demeurent inexploitées en raison de l’éternel manque d’eau, le constat s’avère être le même. La réparation d’un tronçon important de la conduite venant des forages de Takhoukht semble ne pas apporter une solution définitive aux abonnés de l’Algérienne des eaux (ADE). Pour subvenir à ses besoins, la population des Ouadhias est contrainte de s’approvisionner en eau potable des sources naturelles de la commune voisine d’Amechtras (daïra de Boghni). Le prix d’une citerne de 3000 mètres cubes est de 12 000 DA. Ceux qui ont les moyens réalisent des puits à des coûts très élevés, mais rares sont ceux qui trouvent de l’eau. Faute d’autres alternatives, des camions-citernes appartenant à l’antenne locale de l’ADE permettent également de soulager les résidents de certains quartiers du chef-lieu de la commune, où l’on déclare, toutefois, que la situation s’est un peu améliorée cet été. Les ferronniers et soudeurs se sont ainsi convertis à la fabrication des citernes en raison de la forte demande des citoyens de la région. A la sortie nord-ouest des Ouadhias, sur la route qui mène à Beni Douala, le propriétaire d’une station de lavage automobile déclare qu’il n’a jamais eu d’eau. « J’alimente ma station où je dispose d’une bâche à eau grâce à un camion-citerne de 12 000 l que je remplis deux fois par jour », dit-il, faisant remarquer qu’un quartier limitrophe a été privé d’eau durant environ un mois cet été. Sur les hauteurs des Ouadhias, aux frontières avec la daïra de Beni Douala, un cafetier de Taguemount Ledjdid affirme que l’eau est rationnée durant toutes les saisons et depuis des lustres. Il ajoute que certains quartiers situés en bas de son village sont mieux alimentés que ceux d’en haut. La répartition des conduites de l’AEP et l’absence d’un système fiable de régulation de la distribution sont mises en cause. C’est le cas à travers la plupart des villages de la wilaya de Tizi Ouzou qui souffrent du problème du manque d’eau, constate-t-on. article de Lyès Menacer.

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