Assassinat de Ameziane Mehenni à paris en 2004 :Lettre de Ferhat à Jacques Chirac 2006  »

7 juin 2012

Paris le 18 juin 2006

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

 

Objet : Assassinat d’Ameziane MEHENNI le 19/06/04 à Paris


Monsieur le Président,



Assassinat de Ameziane Mehenni à paris en 2004 :Lettre de Ferhat à Jacques Chirac 2006 Il m’est très pénible de vous adresser cette lettre, tant ma culture et mon statut de résidant étranger sur le territoire français m’obligent à un devoir de réserve auquel, jusqu’ici, je tenais par-dessus tout. Je suis extrêmement reconnaissant à la France qui, il y a plus de dix ans, m’avait accueilli au moment où des assassins au service soit d’officines occultes du pouvoir algérien, soit de l’islamisme, cherchaient à m’atteindre. Nous étions en septembre 1994 lorsque des menaces de mort m’étaient adressées par des milieux se réclamant des services algériens. Ils me reprochaient d’avoir pris la responsabilité d’organiser, en Kabylie, un boycott scolaire du primaire au supérieur dès le premier jour de la rentrée afin d’exiger l’enseignement de tamazight, notre langue maternelle. Ils me disaient en substance : « A la première marche à laquelle vous allez participer nous vous descendrons. Dans tous les cas, si nous n’y arrivons pas, n’oubliez pas qu’il y a vos enfants sur lesquels nous pouvons nous rabattre à n’importe quel moment et qui sont des proies et des cibles très faciles ! » Entre temps, quelques terroristes abattus à un barrage de police, dans une voiture volée à une entreprise publique à 50 mètres de chez moi, avaient sur eux ma photo. En moins de trois mois j’avais échappé à deux tentatives d’assassinat. Je m’étais alors adressé à un diplomate français, en poste à Alger, pour mettre ma famille hors de portée des tueurs. J’avais poussé un soupir de soulagement lorsque, le 13 février 1995, mes enfants, accompagnés de leur mère, arrivèrent pour la première fois sur le sol français. En effet, j’assume en toute logique tous mes combats et le fait d’exposer ma vie aux dangers qui en découlent. En revanche, je ne me sentais pas, et à ce jour je ne me sens toujours pas, avoir le droit d’exposer celle des miens. Et tant pis pour l’accusation infondée dont mes adversaires allaient m’accabler par voie de rumeur selon laquelle j’avais envoyé mes enfants étudier en France au moment où j’avais mis les enfants kabyles en grève de plusieurs mois déjà. Mon peuple me comprendra lorsqu’il saura la vérité, me disais-je. Je tiens, par conséquent, à exprimer ma gratitude à la France de m’avoir permis de m’établir chez elle pour sauver mes enfants de deux morts : l’assassinat et l’arabisation. Je suis resté quatre ans sans retourner dans mon pays.

En 2001, lorsque Bouteflika avait pris la décision de tirer sur les enfants kabyles qui avaient l’outrecuidance de revendiquer pacifiquement le droit à la vie, je réalisai à ce moment-là, comme d’autres intellectuels kabyles, que l’Algérie ne saurait devenir un Etat-nation à la française, c’est à dire, en suivant les mêmes étapes chronologiques d’évolution que la France. J’avais de nouveau relevé le défi de l’Histoire de mon pays en revendiquant le 5 juin 2001 une autonomie régionale pour la Kabylie afin de tourner la page de ce bras de fer qui dure entre elle et Alger depuis près de quarante ans et qui déstabilise en permanence l’ensemble de l’Algérie, et par voie de conséquence l’ensemble du bassin méditerranéen. Cette autonomie était et demeure pour nous, la meilleure voie pour apaiser les tensions entre la Kabylie et le pouvoir algérien pour mieux s’occuper des problèmes de développement à travers une meilleure gestion de notre quotidien, une autre projection de notre avenir et un meilleur usage de nos ressources dans le cadre d’une démocratie de plus en plus enracinée. Malheureusement, des tenants du régime en place n’ont rien trouvé de mieux à faire que de recourir aux anciens réflexes de menaces et d’intimidations, comme au temps du boycott scolaire de 1994/95.

Monsieur le Président, Au lendemain d’une conférence de presse, tenue en Kabylie à l’occasion du 3e anniversaire de cette revendication autonomiste, je fus abordé dans l’enceinte de l’aéroport d’Alger par un homme qui, visiblement, n’était pas un voyageur (normalement, depuis l’attentat du 26 août 1992, ne peuvent y avoir accès que les personnes munies d’un billet d’avion ou qui y travaillent) pour m’affubler d’un certain nombre noms d’oiseaux et autres agressions verbales qu’il ponctua avec cette terrible phrase : « Puisque vous revendiquez l’autonomie de la Kabylie, vous allez regretter d’être venu au monde ! » Sur le champ, je crus que le « vous » désignait tous les Kabyles et pensai à un génocide que des cercles occultes étaient en train de planifier dans ma région. Je n’en percutai le sens véritable que le 19 juin 2004, quinze jours plus tard. Mon fils aîné Ameziane, 30 ans, venait d’être abattu au moyen d’une arme blanche à Paris.

65_jacques-chirac206ferhat-imazighen-300x225Monsieur le Président, J’ai été choqué, martyrisé dans ma chair et mon esprit, de lire dans la presse française qui en avait rapporté l’événement, dans la rubrique des faits divers que, selon les services de police, ce meurtre n’avait d’une part aucun lien avec mes activités politiques, et d’autre part qu’il était survenu à la suite d’une rixe « à la sortie d’un dancing » !!! Il se trouve qu’aucun ticket de boîte de nuit n’a été trouvé sur mon fils, à sa mort. Les nombreux gardiens, à l’entrée de « La Locomotive » devant laquelle avait eu lieu le crime, et les cassettes vidéo de surveillance saisies sur place et mises sous scellés ont infirmé une telle version. Autrement, on aurait identifié les meurtriers depuis longtemps. Pour moi et ma famille, c’est un autre coup de couteau dans l’honneur et la mémoire d’Ameziane. En vérité, même si les investigations n’ont jamais voulu, depuis deux ans, retenir la piste politique, mon fils est bel et bien victime d’un attentat politico-terroriste commis par des professionnels de la mort. L’affaire est étouffée. Par qui ? Pourquoi ? Nous l’ignorons. Y a-t-il, derrière ce silence, une raison d’Etat ? L’échec des investigations policières ne fait que nourrir un tel sentiment et une foultitude de supputations que la déférence avec laquelle je vous écris m’interdit de détailler.

Monsieur le Président, Vous comprenez la douleur d’une famille qui n’entamera son travail de deuil que lorsque toute la vérité sera connue, preuve(s) à l’appui. Je suis convaincu que pour vous, un assassinat à Paris est une insulte au Droit, lorsqu’il est politique, un affront à la France ! C’était pour cela que le Général de Gaulle, à l’assassinat de Ben Barka, avait mis à mal les relations diplomatiques avec le Maroc qu’il soupçonnait d’être derrière le crime. J’ai été admiratif devant votre indignation et votre intransigeance face à la Syrie dans l’assassinat de Rafik Hariri à Beyrouth. Dans le cas de mon fils, je cherche à dissiper mes craintes d’une réédition de l’affaire Mecili. Nous attendons de votre Excellence que l’enquête qui est en passe d’être clôturée, sans résultat, redémarre de manière plus conséquente et au plus vite. Nous tenons tant, ma famille et moi, à l’image et à l’honneur de la France que nous ne pouvons nous résoudre à l’idée que ce meurtre puisse entacher la réputation d’efficacité des services de police français.

Dans l’attente d’un geste naturel et historique de votre part, je vous prie, Monsieur Le Président de la République Française, d’agréer l’expression de ma plus haute considération.

Ferhat MEHENNI

Paix : Outils et organisation

7 juin 2012

Au cours des dernières années, plusieurs universités de paix ont été fondées, comme l’université pour la paix de l’ONU, au Costa Rica (UPEACE), l’université de la paix de Brasilia (UNIPAZ), ou l’Université de Paix de Namur, le Centre mondial de la paix[2] à Verdun.

Elles dispensent un enseignement et contribuent à des échanges de savoir et savoir-faire visant à étendre l’action individuelle et collective sur et pour la paix (chef d’œuvre de paix inspirée par le compagnonnage à UNIPAZ). Ces formations touchent à l’écologie globale, autant qu’à l’écologie intérieure, sociale et environnementale. Elles intègrent aussi la notion de résilience, pour sortir du cycle infernal de la vengeance ou vendetta.

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De nombreuses ONG dites « humanitaires » travaillent aussi au commerce équitable, à plus de justice, à la réconciliation des peuples et à la réparation des dégâts de catastrophes naturelles, économiques, militaires ou sociales, dont par exemple Green cross[3] fondée par Mikhaïl Gorbatchev après la Glasnost et la fin de l’URSS

Néanmoins, la paix ne peut être atteinte au sein d’un ou de plusieurs peuples que par la contribution absolument volontaire de tous ceux qui composent ces peuples. La paix est donc, à cause de cette nécessité, une vertu aussi noble que difficile à atteindre. Aussi, au delà des organisations humanitaires et internationales, se trouvent des hommes et des femmes qui espèrent que le lendemain sera meilleur que la veille.

Liberté ? Tilelli ?

7 juin 2012

La liberté  » Tilelli » en langue berbère, est l’état d’une personne ou d’un peuple qui ne subit pas de contraintes, de soumissions, de servitudes exercées par une autre personne, par un pouvoir tyrannique ou par une puissance étrangère. C’est aussi l’état d’une personne qui n’est ni prisonnière ni sous la dépendance de quelqu’un.

La liberté peut être définie de manière positive comme l’autonomie et la spontanéité d’une personne douée de raison. La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d’un système politique ou social, dans la mesure où l’on ne porte pas atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique.
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Les différentes formes de liberté :

  • Liberté naturelle : en vertu du droit naturel.
  • Liberté civile : en respectant les lois.
  • Liberté politique : pouvoir exercer une activité politique, adhérer à un parti, militer, élire des représentants…
  • Liberté individuelle : droit de chacun d’agir librement sans encourir de mesures arbitraires (emprisonnement, astreinte à résidence, interdiction de se déplacer, etc.).

Utilisé seul, le terme « liberté » recouvre à la fois la liberté individuelle, la liberté civile et la liberté politique.

Avec un substantif ou un adjectif, « la liberté … » décline les principes de la liberté appliqués à un domaine. Exemples :

  • Liberté de conscience (choix d’une religion ou le refus d’avoir une religion),
  • Liberté du culte,
  • Liberté d’opinion, de pensée, d’expression (en matière politique, religieuse, philosophique),
  • Liberté de la presse,
  • Liberté de mouvement,
  • Liberté d’association,
  • Liberté syndicale,
  • Liberté économique,
  • Etc.

Association Kabylia pour l’environnement AKE en hommage a Ameziane Mehenni

6 juin 2012

En ce début de soirée du 18 juin 2004, le martyr était chez-lui à Paris entrain d’étudier quelque ouvrages scientifiques. Soudain un appel à l’aide le fit interrompre son travail. L’auteur de l’appel est un jeune Kabyle. C’est aussi un ami. Eduqué dans la pure tradition de la générosité et l’altruitisme, le martyr prit juste le temps de rassurer son interlocuteur de ne plus se faire de souci. D’un geste prompt, il fit reculer sa chaise et se retrouva debout. Tous les gestes sont exécutés dans la vivacité. D’aucuns n’ignorent que celle-ci ( la vivacité) a une corrélation intime avec la volonté. C’est pourquoi le martyr Ameziane Méhenni se retrouva sur le lieu du rendez-vous en un temps record. Hélas, les faucheurs de vies l’attendaient aussi.

Ameziane Mehenni est le fils du grand chanteur Kabyle Ferhat Imazighen imoula.

Association Kabylia pour l'environnement AKE en hommage a Ameziane Mehenni famille-mehenni-300x120

pour lui rendre hommage, l’association kabylia pour l’environnement appel tout ceux et celles désireux déposés une gerbe de fleurs sur sa tombe le 22 juin 2012, a 10h00.

lieux Maraghna, illoula oumalou.

merci par avance

L’environnement en constante dégradation

6 juin 2012

La dégradation de l’environnement dans la commune d’Akbou a atteint un seuil critique susceptible de mettre en danger la santé de la population.
Ce qui illustre le mieux le peu de cas qu’on fait de l’écologie, c’est le nombre surréaliste de sablières que compte la commune. En effet, plus d’une demi-douzaine de sablières jalonnent les lits des oueds Sahel et Soummam sur le tracé relevant de la commune d’Akbou. D’énormes quantités d’eau sont utilisées pour le lavage du sable alors que la problématique de l’eau se pose à l’échelle planétaire. La destruction de la faune et de la flore, la fragilisation de la nappe phréatique, le grignotage d’espaces qui auraient pu servir à l’agriculture, donc au développement durable, sont quelques-uns des effets néfastes de l’extraction débridée du sable.

L'environnement en constante dégradation   sabliere-dakbou
Les rejets de l’industrie, des stations de lavage graissage, les huileries, les eaux usées… se déversent sans traitement dans l’oued à côté des décharges sauvages. En somme, le lit de l’oued Soummam est le réceptacle de toutes sortes de détritus qu’on puisse imaginer. Le piteux état du réseau AEP, datant de l’époque coloniale, partiellement en amiante-ciment, est à l’origine des fuites d’eau, des éclatements récurrents en divers endroits des conduites. En temps pluvieux, l’eau qui s’écoule dans les robinets devient boueuse et douteuse. A cela s’ajoute le fait que les conduites des eaux usées sont trop rapprochées des conduites AEP, d’où les risques d’interférence et de contamination. D’ailleurs, il convient de noter dans ce contexte qu’en 2005, il a été enregistré 668 cas de gastro-entérite aigüe à Akbou.

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Ces atteintes à l’environnement qui peuvent affecter la santé publique sont exacerbées par l’impuissance des pouvoirs publics et l’incivisme des citoyens, relève-t-on. Aussi, les autorités sont-elles interpellées pour réagir à temps en vue d’éviter le désastre écologique annoncé.

Défendre les droits des peuples autochtones

6 juin 2012

défendre les droits et
les aspirations des
peuples autochtones
Cela fait plus de trente ans que le FIDA travaille aux côtés des peuples autochtones.
Depuis 2003, le Fonds affecte environ 22% du volume annuel de ses prêts au
financement d’initiatives en faveur des peuples autochtones, principalement en Asie
et en Amérique latine. Le FIDA s’emploie à renforcer les organisations et les
collectivités locales de manière à donner aux communautés les moyens de
participer pleinement à la définition des stratégies de développement qui les
concernent et de chercher à atteindre les objectifs qui sont les leurs dans le respect
de leur conception du monde.

Défendre les droits des peuples autochtones peuple-autochtone-300x230
À la faveur de cette étroite collaboration, le FIDA a appris que, pour assurer un
développement effectif et durable, il faut s’adapter à l’identité, aux valeurs et à la
culture des peuples autochtones.
Permettre aux peuples autochtones d’obtenir des droits sur leurs terres et
territoires fait partie des “bonnes pratiques” appliquées par le FIDA. Non seulement
la terre est indispensable à la survie des peuples autochtones, comme à celle de la
plupart des populations rurales pauvres, mais elle est au coeur de leur identité. Ils
entretiennent avec les territoires ancestraux une relation spirituelle profonde. De
surcroît, lorsque leur accès à la terre est garanti, ils disposent d’une base solide à
partir de laquelle améliorer leurs moyens de subsistance.
Les peuples autochtones et leurs systèmes de savoirs ont un rôle particulier à
jouer dans la conservation et la gestion durable des ressources naturelles. Les
programmes et projets financés par le FIDA favorisent la synthèse entre les
systèmes de savoirs autochtones et les technologies modernes de manière à
assurer la gestion durable des ressources naturelles.
Le FIDA a conscience que les femmes autochtones représentent un potentiel
inutilisé en qualité de gestionnaires avisées des ressources naturelles et de la
biodiversité, de gardiennes de la diversité culturelle et d’artisans de la paix capables
d’apaiser les conflits. Pourtant, les femmes autochtones sont souvent les membres
les plus désavantagés de leur communauté parce qu’elles n’ont guère accès à
l’éducation, aux actifs et au crédit et qu’elles sont exclues des décisions. À travers
les projets qu’il soutient, le FIDA s’emploie à améliorer cette situation de manière
que les femmes soient mieux armées pour jouer un rôle au sein de leurs
communautés et réussir par elles mêmes.
Intensifier le soutien
Depuis 2007, le FIDA administre le Mécanisme d’assistance pour les peuples
autochtones, qui appuie les aspirations de ces peuples en accordant des dons
de faible montant (50 000 USD au maximum) pour financer des microprojets de
nature à renforcer la culture, l’identité, les savoirs et les ressources naturelles
autochtones et à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle et des
droits de l’homme.

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En 2009, le Fonds a adopté la Politique du FIDA relative à l’engagement aux
côtés des peuples autochtones qui définit un certain nombre de principes propres
à renforcer l’efficacité des programmes et projets. Afin de contribuer à traduire les
engagements politiques en actes, le FIDA a créé le forum des peuples autochtones,
qui a vocation à favoriser le dialogue et la concertation entre les organisations
autochtones, le personnel du FIDA et les États membres. Il apportera également
une contribution et formulera des recommandations pour orienter avec plus de
précision l’action du FIDA aux côtés des peuples autochtones.

Charte africaine des droits de l’homme et des peuples

6 juin 2012

La charte africaine des droits de l’homme et des peuples a été adoptée le 27 juin 1981 à Nairobi (Kenya) lors de la 18ème Conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine.
Elle est entrée en vigueur le 21 octobre 1986, après sa ratification par 25 États.

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Elle s’appuie sur la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine et la Charte des Nations unies ainsi que sur la Déclaration universelle des droits de l’homme tout en « tenant compte des vertus de leurs traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser leurs réflexions sur la conception des droits de l’homme et des peuples » (préambule de la Charte).

Cette charte n’est pas une simple adaptation des principes fondamentaux de la Déclaration Universelle aux spécificités de la culture africaine; d’ailleurs la notion de « civilisation africaine » à laquelle elle se réfère est assez large puisque ce texte a été ratifié par des pays de traditions très diverses (de l’Algérie à l’Afrique du Sud et du Cap-Vert aux Comores). Elle place au même niveau que les droits de l’homme d’une part le droit des peuples africains à disposer d’eux-mêmes face au monde extérieur et d’autre part les devoirs de l’individu envers la famille et l’État. Elle définit donc un dispositif dans lequel indépendance nationale, tradition, cohésion sociale et autorité (dès lors que cette autorité n’est pas imposée par une puissance coloniale) sont des valeurs aussi importantes que les droits de l’homme au sens individuel, qui ne sont donc plus des droits au-dessus des autres.

Principales dispositions

La première partie énonce les droits reconnus à toute personne « sans distinction aucune, notamment de race, d’ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation » (article 2). Les 18 premiers articles définissent des droits individuels, les droits civiques et les droits sociaux.

Les articles suivants (19 à 24) définissent les droits des peuples, considérés comme égaux : droits à l’existence, à la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, à leur développement économique, social et culturel, à la paix et à la sécurité et à un environnement satisfaisant et global, propice à leur développement. La charte condamne le colonialisme, le néocolonialisme, l’apartheid,et la domination économique. (dans sa préface) L’article 20 en particulier (dans son alinéa 2) affirme le droit des peuples colonisés ou opprimés à lutter pour leur libération. Cependant, la charte ne contient aucune disposition explicite quant aux droits des peuples lorsqu’ils sont opprimés par des régimes politiques nationaux indépendants.

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Les articles 27 à 29 énoncent les devoirs qu’a tout individu « envers la famille et la société, envers l’État et les autres collectivités légalement reconnues et envers la Communauté Internationale. »

La deuxième partie crée une Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples chargée de promouvoir ces droits et d’assurer leur protection en Afrique. Elle précise son fonctionnement.

La troisième partie est composée de dispositions diverses, notamment les procédures de ratification et de modification.

A la fin esque les gouvernements des pays d’afrique respecte les droits de l’homme???

Femmes : les dangers se précisent en tunisie

6 juin 2012

Aujourd’hui, les dangers se précisent: les droits des femmes sont spectaculairement menacés par une frange de la population ralliée aux interprétations les plus obscurantistes de l’islam. Pendant que le parti Ennahdha cultive l’ambiguïté sur cette question, promettant ici de respecter le CSP et jurant là que le Coran est la Constitution, la galaxie réunie autour du parti Ettahrir parcourt les quartiers pour tenter d’imposer le port du voile, d’empêcher les femmes de travailler à l’extérieur du foyer, ou pour vanter les bienfaits de la polygamie. Comme le drapeau tunisien qu’ils n’ont pas hésité à brûler, le CSP est pour eux un texte à abolir.

Femmes : les dangers se précisent en tunisie 20110809110242__sophie-bessisse.png-300x187la mobilisation s’impose donc pour protéger tout ce qu’il représente. Il faut espérer que l’ensemble de la société civile et des partis démocratiques, et pas seulement les femmes, s’attelleront à cette tâche. Car c’est l’avenir même de la Tunisie qui est ici en jeu.

La pauvreté dans le monde

6 juin 2012

Sur les 50 pays les plus pauvres du monde, classés selon l’indicateur de développement humain (IDH) du PNUD, 33 sont situés en Afrique subsaharienne. Malnutrition, pauvreté, illetrisme, situation sanitaire désastreuse… le continent est la première victime du creusement des inégalités dans le monde. Si de 1960 à 1980, les pays d’Afrique ont enregistré des progrès sensibles en matière de développement économique et social, ces progrès se sont ralentis, notamment du fait des effets désastreux des plans d’ajustement structurel menés par les institutions financières internationales.

Sources : World Resources Institute (WRI), Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Banque mondiale, Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).La pauvreté dans le monde pauvrete1-300x201

Le siècle identitaire de Ferhat Mehenni

10 mars 2012

 

En librairie le 18 novembre 2010

la fin des États post-coloniaux

Cinquante ans après la décolonisation, les anciens pays colonisés sont toujours dans l’ornière. À de rares exceptions près, ils n’ont su tirer profit de leur indépendance ni sur le plan économique, ni sur le plan politique. Ce ne sont pas les compétences de leurs dirigeants qui sont en cause, mais la nature même de ces États. Coloniaux ils sont nés, coloniaux ils demeureront jusqu’à leur extinction.

Le siècle identitaire de Ferhat Mehenni siecle-identitaire1-184x300

Et nulle part cette tare originelle n’est aussi visible que ans le rapport qu’il entretiennent avec les peuples qu’ils abritent, devenus dans l’imaginaire colonial des “minorités ethniques” dont aujourd’hui encore l’existence est bafouée. Jusqu’au génocide parfois.

Il est urgent de passer à autre chose. Non pas en exportant, de force, la démocratie, comme ont voulu le faire les Américains en Irak, mais en admettant dans le concert des nations les peuples qui aujourd’hui luttent pour leur indépendance. Les pays issus de la colonisation ont déjà commencé à se disloquer. Ils vont donner naissance à d’autres pays, plus nombreux. On peut s’effrayer de cet émiettement qui, pour les tenants du statu quo géopolitique, va engendrer l’anarchie et le chaos. Pas de panique ! Si un peuple éprouve le besoin de son indépendance, au nom de quoi va-t-on l’en empêcher ?

Ferhat Mehenni :

Ferhat Mehenni est né en 1951.
ferhat-218x300 Fondateur du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, il en a été élu le président jusqu’au 31 mai 2010, avant d’assurer les fonctions de président du Gouvernement provisoire kabyle.

Fils d’un combattant de la guerre d’Algérie, Ferhat Mehenni entre à l’école primaire en janvier 1963 au centre de Chateauneuf, à Alger, qu’il quitte en 1965, pour celui de Larbaâ Nath Irathen où il reste jusqu’en 1969. Candidat libre au bac en 1971, il entre à l’Institut des sciences politiques de l’université d’Alger et découvre les différents courants idéologiques, berbéristes notamment, qui agitent la capitale. C’est de cette époque (octobre-novembre 1972) que date sa première rencontre avec celui qui deviendra son ami et compagnon de lutte, Saïd Saadi. Ensemble, ils participent à la publication d’une revue intitulée d’abord Taftilt « lumière » puis Itri « étoile », dans laquelle sont formulées des revendications culturelles et linguistiques.

En avril 1973, il participe au festival de la chanson algérienne, où il figure parmi les présélectionnés. Son groupe, inscrit sous le nom de Imazighen en provenance d’Illula Oumalou, deviendra par une faute de frappe Imazighen Imula. Avec d’autres chanteurs, Idir notamment, il contribue à la rénovation de la musique traditionnelle et pose la question de l’identité. Son répertoire est jugé subversif dans une Algérie muselée par le président Boumédiène. Il chante entre autres le déserteur de Boris Vian, l’Internationale en Kabyle. D’avril à juin 1976, il prend une part active aux débats houleux ayant précédé le référendum sur la Charte nationale en proclamant sa berbérité dans tous les meetings. Alors commencent ses démêlés avec la Sécurité militaire. Le 30 novembre, il est cueilli au saut du lit à la cité universitaire de Kouba, puis est relâché après une garde à vue de 24 heures.

En avril 1980, il est l’un des artisans du printemps berbère de Tizi Ouzou. Arrêté le 16 [2], il reprend ses activités d’animateur culturel avec Kateb Yacine dès qu’il retrouve sa liberté un mois plus tard, le 14 mai. Membre du Comité des enfants de chouhada, il est l’objet d’intimidations et de surveillance rapprochée. Son passeport lui est confisqué.

Le 30 juin 1985, il est parmi les fondateurs de la Ligue algérienne des droits de l’homme et membre de son comité directeur. Il est arrêté le 17 juillet chez lui à Azazga pour son appartenance à la ligue et pour avoir célébré en dehors des cortèges officiels l’anniversaire de l’indépendance. Incarcéré à la prison de Berrouaghia, il est jugé le 20 décembre 1985 et condamné à trois ans de prison plus une amende de 5 000 dinars. Après 21 mois d’emprisonnement, il est libéré le 27 avril 1987 par grâce présidentielle.

Le Mouvement culturel berbère[modifier]

En 1995, il renoue avec la politique à travers la création du MCB coordination nationale durant le boycott scolaire en Kabylie, en mars 1995, le clan présidentiel contacte Ferhat Mehenni, suite à l’enlèvement de Lounès Matoub, afin de négocier la reprise des cours : « Le général Betchine tenait à mettre fin au boycottage afin de s’assurer de la participation de la Kabylie aux élections présidentielle de 1995 ». En échange de concessions symboliques (création d’un Haut Conseil à l’amazighité chargé de « réhabiliter la culture berbère » et d’introduire la langue berbère dans les médias et l’enseignement », le régime obtient de Ferhat Mehenni qu’il appelle la Kabylie à mettre fin à la « grève des cartables ». Après avoir tenté, sans succès, de convaincre les animateurs du MCB-commissions nationales (tendance du Mouvement culturel berbère proche du FFS de Hocine Aït-Ahmed) de le suivre dans sa démarche, Mehenni annonce au journal télévisé qu’il vient de signer un accord avec le gouvernement et appelle les élèves de Kabylie à reprendre les cours. Mais la population, dont la revendication principale reste que le tamazight (langue berbère) soit reconnu comme une langue nationale et officielle, refuse l’accord passé entre le régime et Mehenni et accuse ce dernier de trahison.[réf. souhaitée]

Au mois de mai 1997, il démissionne du RCD pour cause de trahison envers les berbères, dit-il, explicitant : « Said Saadi a bien trahi la berbérité et la démocratie. II forme des gens contre les démocrates en général et le FFS en particulier ». En 1998, il sort un CD chez Izli intitulé : « Chants du feu et de l’eau ». Et depuis l’assassinat de Matoub Lounès, il a choisi d’être hors du jeu partisan même s’il continue de s’exprimer sur les grands problèmes de la société. Après son exil volontaire en France, il revient en janvier 1999 pour « redynamiser la mouvance culturelle berbère » et monnayer – sans succès – son implication dans la campagne électorale contre des garanties d’institutionnalisation de Tamazight[réf. souhaitée]

Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie[modifier]

En 2001, suite aux violentes émeutes qui ont éclaté en Kabylie avril 2001 et avril 2002 (Printemps noir), il prôna comme solution à la sortie de crise dans laquelle se débat depuis l’indépendance de l’Algérie, l’autonomie régionale. À cet effet, il a fondé le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) au terme d’une réunion dans la commune de Makouda en Kabylie le 24 août 2001 [4]. L’assassinat de son fils aîné Ameziane, le 19 juin 2004 à Paris, qui n’a toujours pas été élucidé est selon lui très probablement lié à son engagement autonomiste[5].

Son intervention musclée lors du colloque Afidora à l’Assemblée nationale française, particulièrement médiatisée, a eu un important retentissement en Algérie. Il décrit les kabyles comme étant les « nouveaux juifs » et explique qu’il soutient l’intervention américaine en Irak par « solidarité avec les Kurdes »[6].

Dans un communiqué publié le 16 mars 2009, Ferhat Mehenni, annonce qu’il est la cible d’un mandat d’amener. Cette décision est prise par un juge d’instruction quand celui-ci demande aux forces de l’ordre de lui présenter une personne mise en examen, y compris par la force. Ferhat Mehenni cite un article d’Algérie News du 16 mars. D’après ses dires, la justice aurait été saisie par les autorités locales à Tubirett (Bouira, une ville au sud-ouest de la Kabylie) au sujet d’une marche étudiante du 20 avril 2008 attribuée au MAK[7]. L’information n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucun démenti de la part du ministère de la justice algérienne.

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« Je me demande pourquoi ce n’est que près d’un an plus tard que cette instance judiciaire entreprend cette action contre moi, juste à la veille des élections présidentielles qui, au demeurant, ne passionnent personne au pays des Kabyles ? » s’interroge le leader autonomiste. En Kabylie, la totalité des organisations politiques appellent au boycott des présidentielles du 9 avril. Pour la première fois, les partis reconnus (FFS et RCD), les Aarchs (mouvement né durant les émeutes de 2001) et le MAK rejettent tous l’élection, même s’ils n’ont pas mis en place de stratégie commune. Le 20 février 2009, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie avait déjà fait mention d’intimidations contre trois de ses cadres.

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